COMMENT DEBUTER EN RALLYCROSS

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Nombreux sont ceux qui rêvent d’accéder au sport automobile et notamment au Rallycross… Afin de répondre aux questions fréquemment posées, plusieurs pilotes nous partagent leurs expériences, leurs parcours et leurs conseils pour accéder à la discipline. Parmi eux, l’actuel Champion de France de Rallycross Antoine Massé, Valentin Comte, titré Champion de France Junior en 2018, Alizée Pottier pilote dans la catégorie Junior Twingo R1, Damien Meunier, pilote en Supercar et Cyril Raymond, Champion de France Junior en 2013, Champion Super1600 en 2014 et Champion du Monde RX Lites en 2016 et 2017.

QUEL A ETE VOTRE PARCOURS POUR ACCEDER AUJOURD’HUI A VOTRE NIVEAU ?

ANTOINE MASSE : « J’ai débuté en Rallycross en 2008 par le biais de la Coupe Logan (aujourd’hui Coupe Twingo R1) durant 1 an, avant de me réorienter vers le rallye durant 6 ans où j’ai participé à diverses formules de promotion du Championnat de France des Rallyes. Fin 2017, j’ai eu une belle opportunité de revenir en Rallycross au volant d’une Peugeot 208 WRX, et j’ai sauté sur l’occasion ! Ça a toujours été un objectif de pouvoir rouler en Supercar, et les budgets sont plus accessibles en Rallycross qu’en Rallye… »

VALENTIN COMTE : « Depuis que je suis enfant, j’ai toujours voulu faire du sport automobile ! Le Rallycross étant assez abordable et intéressant, j’ai vite été attiré. J’ai donc cherché une voiture à louer. Une fois la voiture trouvée ainsi que les sponsors, j’ai effectué une première séance d’essais avant de me lancer dans le grand bain ! L’avantage d’avoir été plongé tout de suite dedans est que j’ai appris très vite notamment vis-à-vis des courses en peloton. »

ALIZEE POTTIER : « Je baigne dans le monde du Rallycross depuis toute petite puisque mon grand-père est le propriétaire du circuit d’Essay, c’est donc une histoire de famille ! Je me suis lancée dès mes 16 ans, en louant une Twingo. J’ai dû créer une association et monter un dossier de sponsoring pour pouvoir financer la saison complète qui se chiffre entre 20 000 et 30 000 euros. Il faut savoir que pour les moins de 18 ans, 2 stages de pilotages sont nécessaires pour valider la licence de pilote. En 2017, j’ai effectué ma première saison complète en Championnat de France Junior. »

DAMIEN MEUNIER : « Le Rallycross est une histoire de famille ! Mon père a roulé en Super1600 tandis que ma mère a été championne de France féminine en Twingo R1 ! A 16 ans, j’ai pu m’engager en Super1600 au volant de la C2 de mon père grâce aux sponsors qui nous ont suivi. J’ai terminé la saison à la 5e place du championnat l’an dernier. Cette année, j’ai eu l’opportunité de rouler en Supercar, et toujours grâce aux sponsors, ça a été possible ! Il faut savoir que c’est beaucoup de travail en amont pour monter un programme qui est à 100% financé par le sponsoring. On repart à zéro à chaque début de saison ! »

CYRIL RAYMOND : « J’ai débuté en Rallycross en 2013 en Championnat de France Junior au volant d’une Twingo R1 que je louais. J’ai découvert assez tard cette discipline, puisque j’avais commencé le sport automobile par du Karting pour poursuivre dans une monoplace en Formule 4. Le monde du circuit étant assez compliqué lorsque l’on n’a pas le budget nécessaire, je me suis orienté vers le Rallycross qui m’attirait tout autant ! En 2013, j’ai décroché le titre de Champion de France Junior qui m’a permis de prendre le volant d’une Super1600 la saison d’après pour décrocher un nouveau titre. Enfin, en 2016, j’ai participé au Championnat du monde en RX Lites où j’ai remporté le titre au terme de 7 courses »

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QUELS CONSEILS DONNERIEZ-VOUS A UNE PERSONNE SOUHAITANT DEBUTER ?

ANTOINE MASSE : « Une des choses les plus importantes est de passer par l’étape formule de promotion qui permet de se mettre directement dans le bain, tout en prenant le temps d’assimiler ce qui est important dans le pilotage. L’idéal pour moi, est d’acheter sa voiture et de se lancer dans le grand bain ! »

VALENTIN COMTE : « Ce que je conseillerais, c’est d’opter pour une location de voiture qui reste tout de même abordable au niveau du budget, et de se lancer ! Même si l’objectif reste les premières places, il faut commencer par apprendre, en n’ayant pas forcément d’objectif précis au début et surtout de se faire plaisir ! »

ALIZEE POTTIER : « Il faut prendre son temps et ne pas vouloir se précipiter, notamment dans le montage du dossier de sponsoring, car il faut beaucoup de temps pour le réaliser pour le faire correctement. Ensuite, il ne faut pas avoir peur du ridicule de ne pas être au niveau tout de suite. Il faut avoir l’envie, se dire qu’il faut commencer au plus bas pour finir au plus haut, et surtout, il ne faut jamais baisser les bras ! »

DAMIEN MEUNIER : « Lorsque le budget est trouvé et bouclé, il faut faire ses preuves sans se faire « marcher dessus » par les plus anciens. Il faut être réaliste, garder les pieds sur terre et ne pas prendre la grosse tête ! »

CYRIL RAYMOND : « Les formules de promotion sont importantes car elles permettent de pouvoir montrer son talent de pilotage. Le Rallycross se pratiquant sur des surfaces mixtes, cela démontre d’autant plus les capacités du pilote. Ce qui est important de faire lorsqu’on débute, c’est de ne pas brûler les étapes. C’est pour cela que les formules de promotion existent. Il est aussi possible de tester ses compétences auprès d’une école de pilotage, comme la Faleyras Academy, qui permet de se jauger et d’avoir une première expérience mais aussi des conseils. Après, il faut être motivé, ne rien lâcher et croire en ses capacités ! »

PENSEZ-VOUS QUE LE E-SPORT PEUT-ETRE UNE PASSERELLE POUR DEVENIR PILOTE ?

ANTOINE MASSE : « C’est un très bon moyen d’entrer dans ce monde aussi ! Le feeling sur simulateur est un peu le même qu’en réalité, et puis c’est la même logique ! D’ailleurs, il est déjà arrivé qu’un gagnant de E-sport finisse pilote professionnel… »

VALENTIN COMTE : « J’ai eu l’occasion de tester les simulateurs et il faut avouer que c’est très réel, ça procure les mêmes sensations ! C’est donc une opportunité intéressante et ça donne envie d’essayer ! »

ALIZEE POTTIER : « Oui, dans le sens où ça entraîne à voir et à connaître les circuits, et ça permet de s’entraîner. Après, pour ma part, je n’ai pas exactement les mêmes sensations sur simulateur que dans ma voiture, mais ça reste en effet une passerelle. »

DAMIEN MEUNIER : « Si la personne a zéro budget, en effet c’est une bonne opportunité ! Ça lui donne une chance, et par la suite il peut peut-être se faire repérer… »

CYRIL RAYMOND : « Ça peut être une bonne solution pour se lancer, mais après il faut réussir à concrétiser et à montrer de quoi on est capable en faisant un bon résultat. Ça permet aussi d’engranger une première expérience ! »

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