Cyril Raymond dans la cour des grands

Après des débuts dans la formule de promotion du Rallycross France en 2013, suivis d’un parcours exemplaire en Rallycross France, puis en RX Lites et en Championnat d’Europe, Cyril Raymond fera ses débuts sur un Championnat du Monde complet dans deux semaines à Abu Dhabi au volant d’une Clio RS du team GCK Academy. Le pilote varois revient avec nous sur ses débuts et les étapes décisives de son parcours avant d’évoquer la saison 2019 et son nouvel environnement de travail…

Au vu de ton parcours, quelles ont été pour toi les étapes indispensables et décisives pour en arriver là ?

La première étape a été le Championnat de France Junior de Rallycross avec la formule de promotion Coupe Twingo R1. Ça a vraiment été la première étape qui m’a permis de faire mes preuves. C’est une catégorie où tout le monde part sur un même pied d’égalité avec la même voiture et seul le pilote fait la différence. Ça permet vraiment de mettre en valeur le potentiel du pilote et pour ma part, ça m’avait bien mis en avant dès ma première année en Rallycross.

L’année suivante, j’ai eu l’opportunité de rouler en Super 1600 où j’ai gagné le Championnat. Après 2014, je me suis retrouvé sans volant. C’était assez délicat de rebondir mais le fait que j’effectue 1 ou 2 courses en Supercar en 2015 avec l’équipe Pailler Compétition m’a mis en avant sur la scène européenne. A partir de là j’ai été repéré par l’équipe suédoise OLSBERGS MSE.

Avec l’aide de l’AFOR et de la FFSA, j’ai pu rencontrer Andreas Eriksson, le patron de l’équipe Olsbergs MSE. Ils m’ont testé au Canada et en Espagne en RX lites et ça a très bien fonctionné. En 2016 j’ai donc eu l’opportunité de faire le Championnat RX lites avec cette même équipe, où j’ai décroché le titre. Dans la foulée, j’ai signé un contrat de 3 ans pour être pilote RX Lites dans l’équipe suédoise.

C’était déjà un premier pas de franchi, parce que c’était un rêve depuis toujours de pouvoir rouler pour une équipe et représenter cette équipe sans apporter un budget particulier. Je commençais à être un pilote professionnel !

Est ensuite venu le soutien de Redbull qui m’ont soutenu en 2016 en RX lites et qui n’a fait qu’augmenter au vu de mes résultats. En 2018, Redbull a pris l’initiative de vouloir me placer chez Peugeot pour le Championnat d’Europe. C’était encore là une grosse étape de franchie pour moi parce que je signais un contrat professionnel avec un constructeur français.

A la fin de l’an dernier, le retrait des constructeurs n’a pas été évident pour rebondir… Pour moi, rouler en Championnat du monde cette année était inespéré !

Chaque étape a donc été importante pour moi, chaque team m’a aidé à avancer et ils ont tous toujours cru en moi !

Quels conseils donnerais-tu à des pilotes voulant suivre tes traces ?

Si j’avais un conseil à donner aux jeunes qui voudraient se lancer, c’est de ne pas brûler les étapes, mais prendre son temps pour se construire une bonne expérience. Le plus important est de remporter le plus de courses possibles pour évoluer.

Même si chaque parcours est particulier, je suis convaincu qu’un jour, un autre pilote issu de la formule de promotion Twingo R1 du Rallycross France arrivera aussi à rouler en championnat du monde.

Le championnat de France est vraiment révélateur de talents. Il y a un très beau plateau, mais il faut prendre son temps pour se montrer et ne pas vouloir forcément accéder tout de suite au Supercar.

Comment ça s’est passé pour toi depuis le retrait de Peugeot ? Comment s’est fait la rencontre avec GCK ?

Ça a été assez difficile d’accepter cette annonce parce que Peugeot m’avait donné ma chance de prouver mon potentiel début 2018 et de pouvoir signer un contrat avec un constructeur français.

En fin d’année dernière, ça a été une grande déception de ne pas pouvoir continuer avec eux, du coup ça a été très dur pour moi à l’intersaison. Je ne savais pas du tout comment ça allait évoluer au niveau du World RX, qui allait rester ? Qui allait partir ? Au fil des semaines, il y avait de moins en moins de constructeurs jusqu’à ce que tous les teams officiels s’en aillent.

Du coup j’ai étudié plusieurs possibilités pour pouvoir rouler au minima en Euro RX avec la même structure et la même voiture que l’an dernier. Redbull était un peu rétissant quant à son investissement dans ce championnat qui perdait tous ses acteurs principaux. J’avais fini par accepter l’idée que je ne roulerai peut-être pas cette année et que ce serait une année de transition.

Finalement, Guerlain Chicherit m’a appelé 2 jours avant la clôture des inscriptions en me demandant où j’en était au niveau de mes contrats, je lui ai répondu que j’étais totalement libre. 2 jours après il me proposait d’intégrer son programme de jeunes talents, la « GCK Academy » et de rouler sur une Renault Clio du Team Fors Performance.

C’était pour moi inattendu et je n’y croyais pas trop, je ne réalisais pas. C’est quand je me suis vu sur la liste des engagés de Championnat du Monde de Rallycross que j’ai réalisé…

En plus, j’ai un réel soutien de la part des français. Je le vois à chaque épreuve et notamment à Lohéac. Je suis très fier de représenter le Rallycross Français en Championnat du Monde sachant qu’en plus je suis ce qu’on pourrait appeler un « pur produit » du Rallycross français.

Tu as effectué des premiers tests en début de semaine, quel est ton feeling avec la voiture ? Avez-vous déjà des ambitions ?

Les tests se sont très bien passés, nous avons roulé à Dreux deux jours en début de semaine. J’ai découvert une nouvelle voiture, une nouvelle équipe, un nouveau coéquipier – Guillaume de Ridder – que je connaissais déjà puisque j’ai eu l’occasion de rouler contre lui en RX2, mais c’est quelqu’un avec qui je m’entends très bien.

On est sur le même parcours, il vient du karting et on a à peu près le même style de pilotage, c’est vraiment l’idéal pour améliorer les réglages de la voiture. Je suis assez étonné du potentiel de la Clio, il y a de belles améliorations de faites, un moteur impressionnant et elle a un fort potentiel. Je sens qu’il y a vraiment quelque chose à faire avec cette voiture ! Après de là à jouer la gagne dès la première course ça risque d’être compliqué, parce que pour être honnête nous allons rouler face à des pointures de la discipline qui auront des voitures ex-usine.

Mais tout est possible. Cette année il y aura un nouveau Champion du Monde, tout le monde va se battre pour ce titre. Si j’ai un objectif particulier ce serait d’accéder aux phases finales à chaque course, ce serait déjà un super résultat ! Après, quand je roule c’est toujours pour remporter des courses, mais je me laisse le temps d’apprivoiser la voiture et cette nouvelle casquette de pilote de Championnat du monde…


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