L’OEIL DU SPEAKER | QUAND LE VOLANT REMPLACE LE MICRO

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Figure emblématique du Rallycross, Jean-Jacques Guibal a troqué le temps de quelques heures son micro pour un volant à l’occasion des 12H de Serre Chevalier. Avec son « Team RX », engagé sur une Mitsubishi Colt et composé de quatre pilotes, ils terminent onzièmes après une course à rebondissement ! Retour sur cette aventure avec le récit sincère et complet de la voix du Rallycross.

« Dantesque, ce fut dantesque !

Quel plaisir de retrouver vendredi après-midi les pilotes, les mécanos, les habitués du Rallycross et également les sponsors.

On se lamente un peu chacun, le soleil faisant des dégâts sur le circuit où la glace du dessus fond… Pas de séance d’essais vendredi soir comme initialement prévue. On se contente donc tous d’un moment convivial avec les Bretons : huîtres, soupe de poisson, … La bonne ambiance est au rendez-vous et les « non habitués » du Rallycross s’intéressent à la discipline.

Nous passons à table sous le chapiteau de l’organisation où nous dinons tous ensemble, le grand côté sympa de Serre Chevalier !Avant le dessert, je prends le micro, explications de texte par Julien Laurent qui nous annonce que ce sera compliqué dans les premières heures de course au vu des conditions météos. Ensuite arrive letirage au sort pour la ligne de départ. Nous nous retrouvons troisièmes ! Heureusement que je ne faisais que les commentaires, du bol pour nous…

A sept heures et demi du matin le samedi, tous les équipages sont au déjeuner, les voitures chauffent. Je conseille à mes équipiers d’aller rouler un peu sur la route pour faire chauffer tous les organes mécaniques de notre Colt qui ont passé la nuit à moins cinq degrés. J’ai l’habitude, déjà quatre épreuves dans le micro en Janvier !

Bernard Poncet, le pilote du super 1600, prend le départ avec sa fille en copilote.La piste est belle, mais il y a quelques trous à éviter. Après une heure de course, nous sommes deuxièmes. Stéphane Dréan a abandonné : amortisseur cassé sur la 207. De notre côté, notre Mitsu 1800 se porte à merveille, on enchaine la deuxième et troisième heure à la cinquième place.

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Je pose enfin mon micro pour relayer Christophe et Gérard mes coéquipiers du week-end pour prendre place au volant avec Gérard à ma droite qui me donne les instructions sur les trajectoires à prendre : « il faut vite rentrer dedans »,  « reste à droite », « tire le frein à main ! », « mets la troisième », « freine plus tard », « fais la glisser », « rentre doucement dans les trous » !

Au bout d’une heure, et malgré une courroie qui patine et hurle son sifflement à bas régime, je donne le relais à Bernard.Je me suis rendu compte que les voitures sont costaudes entre la glace, la glace fondue, les rails, glisser, se retrouver dans les rails de glace, il faut maitriser.

Nous passons la mi-course à la sixième place, Bernard laisse son relais, il souffre du dos. Nous continuons avec Gérard et Christophe. Pour ma part, je prends le relais à la septième heure avec Isabelle, qui a roulé en C2 en Rallycross, qui me guide. La voiture roule bien mais les essuie-glaces sont au ralenti … Philippe Chanoine me double en me douchant au passage ! Même sous le casque, je prends la douche par la vitre un peu ouverte pour la buée. Nous nous retrouvons au ralenti, les quatre bougies nous lâchent, je rentre au stand, un coup d’œil et tout rentre dans l’ordre.

Nous repartons pendant que dans le talkie mes compères nous signalent qu’ils vont boire un café chaud ! Isabelle prend un typhon de neige et d’eau qui vient du plancher. Nous avons pris le rythme, à fond dans la ligne droite dans les rails, le droite en glisse avant le trou, le frein à main au chalet, le « esse » sous le portique, le frein à main avant la remontée ! Le volant ? Il faut le cramponner, le relais a duré une heure et trente minutes, nous sommes sixièmes.

Gérard et Christophe vont aller au bout, la nuit tombe, et le calvaire va commencer… La courroie patine trop, plus assez de courant.Ils rentrent au stand. Le tendeur de l’alternateur a la vis qui est entrain de nous lâcher, nous tentons de le retendre, nous faisons le plein et ils repartent ! On veut finir au moins dans le top dix. Mais à la onzième heure, le tendeur a définitivement lâché. Nous sommes conscients que si on essaye de réparer, on ne fera pas mieux et la fatigue aidant, nous abandonnons notre Colt, les gâchettes ne répondent plus !

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C’est une Saab qui gagne avec 432 tours alors que nous terminons finalement onzièmes et premiers des pilotes Rallycross. Une petite consolation avec 342 tours. Le team Chanoine père et fils, qui faisait équipe avec les frangins Lefrancois finissent au bout de 216 tours et beaucoup de malheurs alors que les Bretons emmenés par Gaëtan Jan ont la palme des mécanos ! Ils ont changé la boite, le triangle puis le porte moyeu a fini par lâcher sur la Logan après 115 tours.

Glacés, givrés. Nous n’aurons jamais vu le goudron. 12 heures de l’impossible, mais content d’y avoir participé honorablement !A refaire.

Nous nous sommes tous retrouvés pour la soirée de gala sous une nuit fraîche et gelée.Je crois que la montagne, cela peut nous gagner ! Puis voilà le temps où tout recommence : « où en est ta voiture Fabien ? », « Alors Steven tu attaques la D3 ? », etc … Le Rallycross m’a repris dans ses bras, l’avais-je vraiment quitté ? 

Jean-Jacques Guibal »


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